Il était une fois, au pays de l’égalité

A quelques jours des élections, le royaume Belgique s’inquiète. En effet, la justice a ordonné au Roi Albert II de se soumettre à un test ADN afin de vérifier si Delphine Boel est sa fille ou pas. La chose eût-elle été possible si l’égalité homme-femme existait ? Imaginons…

Il était une fois, il y a bien longtemps, dans un petit royaume surréaliste bercé par les averses, une jeune et jolie princesse. Mariée à un prince, elle soupirait. Peu séduite par les usages rigoristes de la cour, l’indifférence de son mari et les fameuses averses, elle cherchait de ci, de là, à tromper l’ennui. Bien des jeunes gens se présentèrent pour l’aider à tromper ledit ennui et, faisant d’une pierre deux coups, la jeune et jolie princesse trompa tout à la fois l’ennui et son mari. Mais de galipettes en galipettes, la donzelle se retrouva enceinte. Elle cacha subtilement la chose à son princier mari, d’autant plus aisément que celui-ce ne prêtait guère d’attention à l’anatomie de sa régulière, trop occupé à escalader d’autres monts de Vénus. Mais elle en parla à ses copines, car même les princesses ont des copines. Elle découvrit ainsi que tandis qu’elle batifolait, des féministes avaient lutté pour obtenir l’égalité homme-femme. Diantre, se dit la princesse, quelle drôle d’idée ! Cela n’a pas dû être une mince affaire, mais après tout, chacune ses loisirs. Elle apprit également que le petit royaume avait été touché par la grâce du modernisme et pratiquait l’accouchement sous X.

Pour notre jeune et délurée aristocrate, la lettre X renvoyait plutôt à l’algèbre et la recherche d’inconnue ou à un genre cinématographique où la recherche d’inconnues est assez brève et sa découverte bien plus réjouissante. Il lui fut donc expliqué le principe de l’accouchement sous X. Il permet de mettre au monde un bébé et de couper définitivement tout lien avec lui, présent et à venir. Le bébé est élevé par d’autres et l’anonymat de la mère est garanti quels que puissent être les fantasmes ou les envies du bébé devenu grand. Ca,  c’est super chouette, c’est pile-poil ce qu’il me faut ! s’exclama la princesse, de bien roturière façon, certes, mais c’était dû à l’émotion.

Ainsi fut fait et la vie reprit son cours. Mais peu à peu, les années passant, l’affaire s’éventa. Elle s’éventa tant et si bien qu’elle parvint aux oreilles du bébé devenu grand. Et par le jeu des successions monarchiques et des primogénitures contrariées, la princesse était devenue reine. Le bébé, lui, devenu une grande asperge en mal d’ascendance couronnée, frappait aux portes du palais, exigeant une reconnaissance de maternité et un test ADN. En vain, car l’accouchement sous X protège la mère quoi qu’il arrive. Les portes du palais demeuraient closes, et la grande asperge s’en retournait, son éprouvette désespérément vide.

Sa mère biologique la regardait s’éloigner en se réjouissant d’être une femme. Car même si les fameuses féministes avaient lutté de toute leur âme pour l’égalité homme-femme, quelque chose lui disait que si elle avait été un homme, fut-ce un roi, elle n’aurait probablement pas bénéficié de l’anonymat garanti par l’accouchement sous X.

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